Allergies saisonnières : La rhinite allergique

Est-ce que vous aussi, à chaque printemps, vous devenez une véritable fontaine ambulante ? Ou en orchestre qui joue cette symphonie en série d’éternuements majeurs ? Peut-être que vous vous transformer en une personne glamour avec ses yeux rouges, type lapin albinos ? Votre éternuement est tellement puissant qu’il peut être ressenti à plusieurs kilomètre à la ronde ? Alors bienvenue dans la grande saison de la rhinite allergique saisonnière, aussi appelée le très poétique “rhume des foins”.

On va voir d’abord ce qu’en dit la médecine conventionnelle, ensuite nous auront la vision de la merveilleuse Médecine Traditionnelle Chinoise, et puis je vous donnerai bien sûr les points d’acupression essentiels, les plantes et les conseils concrets pour traverser sereinement cette saison, reprendre le contrôle… sans vivre enfermé jusqu’en octobre ! 

Qu’est-ce que la rhinite allergique ?

La rhinite saisonnière est une réaction allergique causée par l’exposition aux pollens.

En France, c’est 25 à 30 % de la population qui est concernée

et près de 20 % des enfants âgés de plus de 9 ans ! Donc si vous éternuez… vous n’êtes vraiment pas seul !

Pour les personnes allergiques aux pollens, les mois de mars à mai marquent le retour des rhinites, des crises d’asthme et des conjonctivites. Sous l’effet du changement climatique et de la pollution de l’air, on observe une augmentation de ces allergies, une plus grande sévérité des symptômes et aussi un allongement des périodes « à risques ».

En effet les mois de mars et avril correspondent à la pleine saison pollinique du bouleau, l’un des pollens les plus problématiques présents sur le sol français, avec les cyprès, les graminées et l’ambroisie.

La hausse des températures moyennes provoque une floraison et une pollinisation plus précoces et un allongement des saisons polliniques pour les espèces qui pollinisent à la fin de l’hiver et au début du printemps. En cause également, les grains de pollen de bouleau et d’ambroisie, en quantité plus importante qui sont plus allergisants.

Et enfin il y a la pollution, en déformant ou transformant certains grains, elle accroît leur capacité à pénétrer en profondeur les voies respiratoires, déjà irritées et fragilisées par cette même pollution.

Symptômes typiques

Vous connaissez sûrement le nez bouché ou qui coule sans interruption, des séries d’éternuements, les yeux rouges, gonflés et qui pleurent, une démangeaison du nez, de la gorge, des oreilles, il peut y avoir des maux de tête, de la fatigue, une irritabilité, et des troubles du sommeil. C’est génial non ? Et si vous êtes déjà asthmatique, ça peut aggraver les symptômes respiratoires.

Que se passe-t-il dans le corps ?

? En gros votre système immunitaire confond le pollen avec un envahisseur dangereux. Il déclenche une réaction excessive : libération d’histamine, inflammation, production de mucus, congestion. En gros : votre corps actionne l’alarme incendie… alors qu’on vient juste de craquer une allumette.

Traitements conventionnels

conventionnels Le traitement en médecine conventionnelle repose sur la prise d’antihistaminiques, de corticoïdes nasaux, de décongestionnants, d’immunothérapie (c’est-à-dire une désensibilisation sur plusieurs mois ou sur plusieurs années). Ils peuvent être efficaces, mais ils sont des effets secondaires :  somnolence possible, bouche sèche. Et surtout… ça ne traite pas toujours le terrain. Et c’est là que la Médecine Traditionnelle Chinoise devient intéressante.

La rhinite allergique selon la Médecine Traditionnelle Chinoise

En Médecine Traditionnelle Chinoise, la rhinite allergique appartient à ce qu’on appelle le « Bi Qiu », ce qui signifie tout simplement obstruction du nez. Jusque-là, on est d’accord… quand on est en pleine crise d’allergie, le nez ressemble plutôt à un bouchon d’autoroute ou une fontaine au choix !

Selon la MTC, le nez est directement relié au Poumon, qui gouverne la respiration et constitue la première ligne de défense face aux agressions extérieures. Quand l’énergie du Poumon est un peu faible, cette défense – qu’on appelle le Qi défensif ou Wei Qi – devient moins efficace. Résultat : les facteurs extérieurs comme le Vent, le Froid ou les pollens pénètrent plus facilement et déclenchent éternuements, écoulement nasal et démangeaisons.

Avec le temps, si les crises se répètent, d’autres organes peuvent être impliqués, notamment la Rate, qui gère l’énergie et les liquides du corps, et les Reins, qui soutiennent la respiration sur le long terme.
L’idée en médecine chinoise n’est donc pas seulement de déboucher le nez – même si on apprécie beaucoup de pouvoir respirer normalement – mais surtout de renforcer le terrain : soutenir l’énergie du Poumon, tonifier la Rate et les Reins, et renforcer la couche de protection du corps pour que les allergènes aient beaucoup plus de mal à entrer.

En résumé, on ne se contente pas d’éteindre l’alarme… on renforce aussi la porte d’entrée de la maison !

L’acupuncture et la phytothérapie peuvent vraiment diminuer les douleurs et l’inflammation, renforcer le système immunitaire et réguler la réponse du corps à l’histamine face aux différents allergènes.  Le passage au printemps est d’ailleurs un excellent moment pour commencer votre programme anti-allergies. L’une des grandes forces de la Médecine Chinoise est son approche préventive : elle permet d’empêcher les allergies d’apparaître avant même qu’elles ne commencent.

Ce que montre la recherche moderne 

Des études récentes montrent que la MTC agit sur le microbiote intestinal c’est-à-dire les bonnes bactéries. Elle améliore la barrière intestinale, module le système immunitaire, réduit les médiateurs inflammatoires autrement dit calme l’inflammation, diminue les taux d’IgE. Les IgE sont des anticorps fabriqués par notre système immunitaire. Donc la MTC réduit naturellement la réaction allergique. C’est quand même fantastique quand la science moderne confirme ce que dit la tradition.

Les points d’acupuncture essentiels

En acupuncture, vous l’aurez compris, on ne traite pas seulement le symptôme — le nez bouché — mais aussi le terrain énergétique de la personne. En Médecine Traditionnelle Chinoise, on parle de différenciation des syndromes : autrement dit, on cherche pourquoi le corps réagit ainsi.

Pour la rhinite allergique saisonnière, deux tableaux sont particulièrement fréquents : la faiblesse du Poumon avec attaque de Vent et la faiblesse plus profonde de la Rate et des Reins. Et pour agir efficacement, quelques points d’acupuncture bien choisis peuvent faire une grande différence.

Voici 8 points majeurs très souvent utilisés. Et tout d’abord 4 point généraux indispensables :

1️⃣ Ying Xiang (le 20GI) – qui signifie littéralement « Accueillir le parfum »,  localisé de chaque côté des ailes du nez, dans le sillon nasogénien. Il a pour fonctions principales de déboucher le nez, d’améliorer la circulation locale, de diminuer l’écoulement nasal et de soulager sinusite et congestion. C’est le grand classique des problèmes de nez.

2️⃣ Yin Tang – littéralement « le palais du seau », symboliquement lié à l’esprit et à la clarté mentale. Il localisé entre les deux sourcils au niveau du 3eme œil. Il calme l’inflammation des sinus, apaise le système nerveux, réduit congestion et céphalées. C’est aussi un point très utile pour les allergies accompagnées de stress ou de fatigue.

3️⃣ He Gu (GI4) – « Vallée de la Jonction» c’est en fait la réunion des os, il est localisé dans le creux entre le pouce et l’index. Il libère la surface du corps, chasse le Vent pathogène, décongestionne la tête et le visage, renforce la défense immunitaire. C’est un des points les plus puissants du corps pour les problèmes de tête et de visage.

4️⃣ Zu San Li (E36) – littéralement les « Trois distances de la jambe » il est situé sous le genou, à environ quatre largeurs de doigts sous la rotule, légèrement à l’extérieur du tibia. Ses fonctions sont de renforcer l’énergie générale, stimuler l’immunité, tonifier la Rate et l’Estomac, soutenir le terrain.  En MTC, c’est un grand point de prévention des maladies.

Maintenant voyons les Points pour chasser le Vent et donc les allergies aiguës

5️⃣ Feng Chi (VB20) – « Étang du Vent » À l’arrière du crâne, dans les creux sous l’os occipital. Il élimine le Vent externe, soulage congestion nasale et sinusite, diminue les éternuements, il est très utilisé dans les allergies déclenchées par les changements de saison.

6️⃣ Fei Shu (V13) – le Point dorsal du Poumon, donc dans le dos, à hauteur de la troisième vertèbre thoracique. Il tonifie le Poumon, renforce le Qi défensif, améliore la respiration, diminue les écoulements nasaux. Ce point agit directement sur l’organe clé des allergies en MTC : le Poumon.

Pour finir on peut penser à deux points pour renforcer le terrain :

7️⃣ San Yin Jiao (Rt6) – La « Réunion des trois Yin » Au-dessus de la malléole interne, à environ quatre largeurs de doigts. Il va renforcer la Rate, nourrir les liquides, soutenir l’immunité, réguler l’énergie globale. Il est très utile chez les personnes fatiguées ou fragilisées.

8️⃣ Shen Shu (V23) – le Point dorsal des Reins, dans le bas du dos, à hauteur de la deuxième vertèbre lombaire. Il va tonifier les Reins, soutenir la respiration profonde et renforce la vitalité. En cas d’allergies chroniques, les Reins soutiennent le Poumon sur le long terme.
Si vous voulez savoir comment stimuler un point d’acupuncture il existe plusieurs méthodes j’ai fait une vidéo à ce sujet que vous pouvez retrouver en description ou juste ici.

En résumé : En acupuncture, on agit donc sur trois niveaux :

  1. Déboucher le nez avec le 20 GI et Yin Tang, 
  2. Chasser le Vent avec 4 Gi et 20VB et
  3. Renforcer le terrain et l’immunité avec 36E, 13V, 6Rte et 23V.

Autrement dit : on traite le symptôme… et la cause.

Un aspect incontournable en MTC précisément pour traiter le terrain c’est les plantes !

La pharmacopée contre les allergies

La grande formule pour prévenir des allergie c’est  Yu Ping Feng San (« Écran ou paravent de Jade ») Yu Ping Feng San est une formule classique qui tonifie le Qi du Poumon et de la Rate et élimine l’humidité. Elle protège également contre les « invasions de Vent », c’est-à-dire les affections que l’on peut « attraper » comme par exemple les rhumes, les grippes ou certains virus.

Cette formule composée de plusieurs plantes dont l’adaptogène astragale (Huang Qi). Elle est prise de manière préventive pour renforcer le système immunitaire c’est-à-dire environ pendant 2 ou 3 mois avant les périodes de crise ou tout au long de l’hiver si on veut bien résister aux maladies.

Après si c’est trop tard ou insuffisant, que le vent est déjà installé il existe aussi des formules pour chasser le vent, par exemple XIAO FENG TANG.
Comme d’habitude vous retrouverez ces références en ressources.

Plus simple encore l’utilisation d’une seule plante en tisane par exemple : Ju Hua (la chrysanthème). Elle pourra fleurir la tombe de vos allergies. Cette belle fleur jaune est rafraîchissante. Elle est utilisée pour clarifier la chaleur, disperser le « Vent » et apaiser le Foie et les yeux. Elle agit sur le méridien du Poumon, qui s’ouvre au niveau du nez, et sur le méridien du Foie, qui monte à la tête et s’ouvre dans les yeux.

Le thé de Ju Hua peut être consommé dès l’apparition des symptômes allergiques. Il peut également être utilisé en compresse sur les yeux lorsqu’ils sont chauds, secs et irrités.

Conseils et huiles essentielles

Je vous donne maintenant quelques mesures simples et de bon sens à appliquer en période pollinique forte: Éviter les sorties entre 7h et 13h, fermer fenêtres, prendre une douche et changer de vêtements en rentrant, pensez aussi à utiliser le sérum physiologique pour le nez. Mais surtout voici des outils puissants et naturels à utiliser pour soulager des symptômes d’allergie.  Ce sont les huiles essentielles, et tout d’abord celle que vous avez probablement déjà chez vous : l’huile essentielle de Menthe poivrée, elle est décongestionnante, elle ouvre les sinus, stimule le Qi du Foie.

Une huile essentielle bien moins connue mais qui mérite de l’être car elle est bien plus intéressante pendant la saison des allergies : C’est la Tanaisie annuelle, qu’on appelle aussi camomille bleue.  Ce qui la rend particulièrement intéressante, c’est qu’elle possède des propriétés anti-inflammatoires et antihistaminiques naturelles. Autrement dit, elle peut aider à calmer la réaction excessive du corps face aux allergènes comme le pollen.

Elle est également apaisante, ce qui peut être utile lorsque les allergies s’accompagnent de démangeaisons, d’irritations ou d’inflammation. En pratique, on l’utilise généralement diluée dans une huile végétale, en massage léger sur le torse ou le haut du dos, pour soutenir le confort respiratoire pendant les périodes d’allergies.
Les huiles essentielles sont puissantes, donc on les utilise toujours diluées et avec précaution, et en cas de doute on demande conseil à un professionnel de santé.

Conclusion

Voilà, vous avez maintenant une boîte à outils complète pour mieux gérer les allergies saisonnières et la rhinite allergique, que ce soit grâce aux principes de la Médecine Traditionnelle Chinoise avec ses points d’acupuncture, ses plantes ou encore grâce aux huiles essentielles. L’idée n’est pas de lutter contre votre corps comme s’il était devenu fou… mais plutôt de l’aider à retrouver son équilibre.
Parce qu’en MTC, on ne se contente pas de faire taire les symptômes : on travaille aussi sur le terrain, l’immunité et l’énergie du Poumon pour que le corps devienne beaucoup moins sensible aux pollens et aux allergènes. Si cette vidéo vous a appris quelque chose, vous pouvez vous abonner à la chaîne, et partager cette vidéo avec quelqu’un qui, en ce moment même, est peut-être en train d’éternuer toutes les 30 secondes.

L’article en Vidéo :

Ressources

🌿YU PIN FENG : https://laboratoires-jz.fr/produit/t11-yu-pin-feng/
🌿XIAO FENG TANG : https://laboratoires-jz.fr/produit/g42-xiao-feng-tang/
Code praticien : CP6916
🌿CHRYSANTEME : https://calebasse.com/produits/ju-hua-gong-boutons-de-chrysantheme-gong-5053?product=7281

Sources

ATC 17 Institut Yin Yang

https://www.haven-acu.com/articles/seasonal-allergies-tcm

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41541602